70 ans après : de Bruxelles à Izieu

La rafle des 44 Enfants d’Izieu et de leurs 7 accompagnateurs est le fait historique qui a fait condamner pour la première fois en France, le 4 juillet 1987 un criminel, Klaus Barbie, pour crime contre l’humanité. Le dimanche 6 avril au matin, ce sont des enfants et adolescents de France et d’Europe qui se réuniront pour apprendre, se souvenir et transmettre ce qu’il s’est passé il y a 70 ans dans ce village du Bas-Bugey.

Un voyage d’étude entre "mémoire et Europe" des élèves du lycée Jean Monnet à la Maison d’Izieu le 6 avril 2014

Hans Ament, Nina Aronowicz, Alec Bergman [1], Albert Bulka, Marcel Bulka, Lucienne Friedler, Paulette Heber [2], Marcel Mermelstein, Paula Mermelstein, Samuel Stern [3], Herman Tetelbaum, Max Tetelbaum et Emile Zuckerberg… ces enfants sont tous nés ou ont vécu en Belgique – à Anvers, Liège, Malines ou Bruxelles - avant la Seconde Guerre mondiale.

Puis, à l’image des centaines de milliers de Belges traumatisés par les souvenirs de la Grande Guerre, ils se sont réfugiés en France suite à l’invasion allemande de mai 1940.

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Ces familles ont aussi et surtout pris la route parce qu’elles étaient de confession juive et se savaient menacées par l’arrivée des Nazis.
La plupart se sont retrouvées internées dans les camps du sud de la France – Rivesaltes, Agde, Gurs, les Milles… - suite aux lois raciales et antisémites du gouvernement de Vichy de septembre 1940.

Sortis des camps par diverses organisations, telles que la Croix Rouge, le Secours Suisse ou l’œuvre de Secours aux Enfants, la plupart de ces enfants étaient malheureusement présents le 6 avril 1944, quand le chef de la Gestapo de Lyon, le SS Klaus Barbie ordonna leur arrestation à Izieu, un petit village de 300 âmes du sud de l’Ain qui domine merveilleusement le Rhône à quelques kilomètres des Alpes.

Après leur rafle à Izieu, les enfants furent internés une nuit à la prison Montluc à Lyon, transférés à Drancy puis déportés par six convois successifs du 13 avril au 30 juin 1944. À l’exception du directeur de la colonie et de deux adolescents déportés et fusillés à Reval en Estonie – aujourd’hui Tallin -, tous les autres enfants et cinq adultes ont été gazés et leurs corps brûlés en arrivant dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau dans la Pologne annexée. Seule une adulte a survécu.

Année de la commémoration du 70e anniversaire de la rafle : une histoire européenne

La rafle des 44 Enfants d’Izieu et de leurs 7 accompagnateurs est le fait historique qui a fait condamner pour la première fois en France, le 4 juillet 1987 un criminel, Klaus Barbie, pour crime contre l’humanité. Un crime qui de par l’origine très diverse des enfants, de leur parcours à travers le continent, fait de facto partie de notre histoire européenne.

C’est pour cette raison que le mémorial d’Izieu s’efforce de développer depuis plusieurs années un travail avec différents partenaires à l’échelle européenne. La Belgique et ses lycées français est une étape importante. Ce d’autant que, comme le rappelle le vice-Président de la Maison d’Izieu, Bertrand Wert, bruxellois d’adoption :

"Les partenariats avec la Belgique sont anciens avec la Kaserne Dossin ou la Fondation Auschwitz. Cela fait plus de deux ans que nous travaillons à la venue d’une classe du lycée Jean Monnet. L’Europe est aujourd’hui au cœur du travail historique et pédagogique de la Maison d’Izieu. En effet, s’il est bien connu en soixante-dix ans après les faits que les victimes de la Shoah venaient de toute l’Europe, il a fallu du temps à la mémoire et à la pédagogie pour intégrer cette dimension et cette responsabilité-là. Ces enfants étaient en quelque sorte des européens avant l’heure. Ainsi à l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de la rafle, il a paru nécessaire à l’association de la Maison d’Izieu de mettre en avant cette question européenne. Et selon toute évidence, les lycéens de Bruxelles sont très bien placés pour symboliser cela, ce d’autant que le corps enseignant a tout de suite été très motivé par le projet."

Un voyage en partie financé par le député du Benelux Philip Cordery

C’est donc une classe de collégiens du lycée Jean Monnet qui viendra en voyage d’étude à Izieu du 3 au 6 avril prochain. Un déplacement soutenu financièrement par le député du Benelux Philip Cordery. Cette classe sera rejointe par des élèves des lycées français de La Haye et de Luxembourg ville.

Sur la route d’Izieu, ils s’arrêteront à Lyon pour visiter le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, la prison du Fort Montluc – où les Enfants d’Izieu sont passés -, mais aussi la maison du Docteur Dugoujon à Caluire, où le chef de la Résistance et envoyé du Général de Gaulle, Jean Moulin, a été arrêté le 21 juin 1943.

Lancement d’une souscription nationale et européenne en présence du Premier-Ministre Jean-Marc Ayrault et du Président du Parlement européen Martin Schulz.

Le dimanche 6 avril au matin, ce sont des enfants et adolescents de France et d’Europe qui se réuniront pour apprendre, se souvenir et transmettre ce qu’il s’est passé il y a 70 ans dans ce village du Bas-Bugey. Ils seront rejoints par le Premier-Ministre Jean-Marc Ayrault et, symbole fort, par le Président du Parlement européen Martin Schulz qui poseront à cette occasion la première pierre du projet d’extension de la Maison d’Izieu.

Ce début des travaux sera aussi le moment de lancement d’une souscription nationale et européenne sous forme "d’appel aux dons" pour renforcer les activités de la Maison d’Izieu.
Notons que l’année dernière c’est le Commissaire européen Michel Barnier, originaire de la région, qui avait donné une dimension fortement européenne à la commémoration du 6 avril.

Pour toute information complémentaire, veuillez consulter le site du Consulat général de France à Bruxelles.

Pour plus de renseignements sur la "Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés"
Consulter http://www.memorializieu.eu
Ou contacter info@memorializieu.eu
En Belgique bertrand.wert@gmail.com

[1enfant ayant quitté la Maison d’Izieu avant le 6 avril 1944 et ayant survécu à la guerre

[2enfant ayant quitté la Maison d’Izieu avant le 6 avril 1944 et ayant survécu à la guerre

[3enfant ayant quitté la Maison d’Izieu avant le 6 avril 1944 et ayant survécu à la guerre

publié le 07/05/2015

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