Entretien : Bérangère Train, consultante devenue pâtissière

Les Français de Belgique comptent aussi des entrepreneurs, qui décident de tout miser hors des frontières de l’hexagone.
Découvrez le parcours de Bérangère Train, ancienne consultante des cabinets Ernst & Young et Accenture, puis fondatrice d’une start-up spécialisée dans la vente de pâtisserie en ligne basée à Forest. Marquée par son séjour aux Etats-Unis, elle réalise elle-même des gâteaux américains qu’elle exporte dans toute la Belgique et les pays limitrophes.

Depuis combien de temps êtes-vous en Belgique ? Qu’est ce qui vous y a conduit ?

Nous sommes arrivés en Belgique en août 2012 avec mon mari, puisqu’il venait d’y trouver du travail. Pendant un an, j’ai continué à travailler à Paris, j’ai donc fait des allers-retours. Je suis officiellement à temps plein à Bruxelles depuis août 2013.
Auparavant, nous avions passé deux ans aux Etats-Unis. Avant cela, nous étions à Paris.

Vous travailliez auparavant comme consultante chez Ernst & Young et Accenture ; d’où vous est venue l’idée de fonder une pâtisserie en ligne ?

J’étais consultante pour le secteur public et je ne m’épanouissais pas dans mon travail.
Je travaillais au Ministère des Finances à côté d’une école de boulangerie et pâtisserie ; j’ai eu un coup de cœur en passant devant l’établissement tous les matins. Donc en 2009, lors de la crise, j’ai quitté Accenture, suivre une formation pour adultes et passer mon CAP de pâtisserie.
J’ai toujours aime cuisiner et faire des gâteaux. Aux Etats-Unis, j’ai découvert tous les gâteaux américains : cookies, brownies, muffins…
Arrivant à Bruxelles, je n’arrivais pas à retrouver les produits américains que j’adorais, c’est-à-dire des cookies plutôt épais, gourmands, avec une garniture variée, contrairement aux cookies secs et pauvres en garniture que l’on peut trouver en Europe.
L’idée de la société m’est venue en essayant mes recettes, en voyant que mes cookies avaient du succès. J’ai trouvé intéressant de proposer cela sur Bruxelles. Cependant, n’ayant pas envie de prendre une boutique dans un premier temps, je me suis dit qu’un atelier avec possibilité de livraisons et d’envoi par la poste pouvait suffire, vu la facilité de transport de ces produits. J’ai effectué une étude de marché et je me suis attelée à la tâche en août 2013 à mon arrivée à Bruxelles. L’entreprise a été créée début novembre. Pour l’instant, je suis indépendante, je loue une cuisine professionnelle à Forest, et je dispose d’un site internet sur lequel les gens peuvent commander. J’ai fait quelques marchés de Noël en décembre pour me faire connaître et voir un peu l’état du marché. Je retravaille ce site en vue d’y incorporer plus de photos pour de nouveaux produits. Et je vais déménager en avril dans un nouvel atelier à St-Gilles ou j’aurais une vitrine sur rue.

De qui est constituée votre équipe ? Comment assurez-vous la gestion de vos commandes ?

Je travaille seule, c’est un choix pour le moment car je trouve intéressant de gérer tous les aspects du métier : recherche de fournisseurs, gestion de l’atelier et fabrication des cookies, site internet, démarchage de distributeurs.
J’arrive à tout effectuer ; le fait d’avoir été consultante m’aide beaucoup.
Dans l’ensemble, l’organisation est essentielle : je dois assurer mes commandes dans la semaine, et travailler beaucoup de chez moi. Je suis de 9h à 18h à l’atelier, puis une deuxième journée commence : dans la soirée, je m’occupe de la gestion et de la comptabilité.
Cela fait beaucoup d’heures de travail, mais quand on fait ce qu’on aime, on ne voit plus cela comme du travail.

Votre entreprise est récente. Comment parvenez-vous à vous faire connaître des Belges et des Français de Belgique ?

Les marchés de Noël m’ont apporté beaucoup de clients et le bouche-à-oreille fonctionne aussi très bien. J’ai démarché également des salons de thé, des points de ventes. J’attends d’avoir, dans les semaines qui arrivent, un site internet plus complet, présentant plus de produits, pour faire de la publicité, en contactant des journalistes par exemple ; je préfère y aller graduellement, cela commence doucement pour l’instant mais je dispose de commandes hebdomadaires, voire quotidiennes.
Les cookies sont des produits que tout le monde connaît et le public est très large : j’ai des commandes de Français, de Belges, d’Américains bien sûr. Mais l’ensemble est très cosmopolite, je ne vise pas spécifiquement une population.

Quel serait votre message pour les Français de Belgique, plus particulièrement les Français désireux d’entreprendre en Belgique ?

Question complexe. Je dirais qu’il ne faut pas hésiter à demander de l’aide et à se renseigner car il y a beaucoup de choses disponibles : des associations peuvent aider, les Chambres de commerces par exemple. L’information est disponible et le personnel est toujours prêt à vous aider. Dans mon cas, j’ai beaucoup fait appel à la BECI (Chambre de Commerce et d’Union des Entreprises de Bruxelles) qui organisait des permanences pour les questions juridiques notamment ; j’ai fait les démarches seule, ce qui n’était pas forcément évident ; c’était un gros avantage pour moi d’avoir accès à ce genre de structures à qui je pouvais demander conseil.
Mon conseil : utiliser tous les outils et les instances qui sont à votre disposition dans la création d’entreprise.

Site internet : http://www.madebybake.be/

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publié le 06/03/2014

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