Le cimetière militaire franco-allemand d’Anloy-Buyères

Ce cimetière militaire accueille aujourd’hui les dépouilles de 1 012 soldats allemands et 593 soldats français de la bataille des Frontières. Modifié à de multiples reprises jusqu’en 1958, il n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il était à l’origine, en 1918.

L’histoire des cimetières militaires de la Première Guerre mondiale est assez chaotique : nombreux rapatriements de victimes dans les localités dont elles étaient originaires, démantèlement de petits cimetières, transferts de dépouilles vers d’autres cimetières sans toujours respecter la logique des champs de bataille et des régiments...

Les premiers cimetières militaires apparaissent dès 1916. La guerre finie, certaines familles de victimes souhaitent rapatrier les corps. En France, une loi les y autorise en 1920 et se verra appliquer à environ un tiers des dépouilles. Côté allemand, beaucoup de victimes sont également rapatriées, mais sans attendre la fin de la guerre.
La décennie suivante est marquée par des regroupements de cimetières pour assurer une meilleure concentration des lieux de mémoire et leur pérennisation. Trois ossuaires sont créés en province de Luxembourg. On serait passé d’environ 58 cimetières militaires, vers 1918-1920, à moins de 25, en 1931.

Les deux cimetières d’Anloy témoignent de ces évolutions. L’ossuaire de Maissin reçoit 257 corps non identifiés du cimetière Anloy-Bruyères et 233 d’Anloy-Bois. Le cimetière d’Anloy-Bois accueille des soldats de Sart-Jéhonville et est réaménagé avant 1926. Des documents attestent également du transfert de 78 soldats français vers Anloy-Bruyères et en 1933, de 12 corps jusque là enterrés dans le cimetière communal de Libramont.

Les fouilles entreprises en 1938 à Anloy-Bruyères témoignent d’ailleurs d’un grand désordre consécutif aux nombreux remaniements : corps inhumés entre des emblèmes, à des profondeurs différentes, souvent entre les croix.

Avec le temps, les cimetières se dégradent et les autorités allemandes et françaises s’unissent, en 1955, pour faire des réparations. Il est à nouveau décidé de supprimer les nécropoles de moindre importance et de transférer les corps dans les plus grandes. Le cimetière d’Anloy-Bruyères est agrandi et accueille des soldats allemands d’Anloy-Bois, d’Orgeo-Biourges, de Maissin, de Marche-en-Famenne, de Nollevaux et de Jéhonville. En 1958, le cimetière d’Anloy-Bois est désaffecté.
Il reste aujourd’hui 11 cimetières militaires en province de Luxembourg, dont celui d’Anloy-Bruyères. Leur composition n’a plus beaucoup évolué. C’est le Consulat général de France à Bruxelles et le VDK (association pour l’entretien des tombes des soldats allemands) qui en assurent l’entretien.

En 2000, un nouveau monument vient décorer ce cimetière : la statue en bronze sculptée par Flavio de Flaveri, ‘Mélancolie’. Elle est dédiée à la mémoire des soldats français du Sud-Ouest tombés en Ardenne, le 22 août 1914. Volée en 2008, elle a été remplacée par une copie en résine de synthèse.

publié le 22/01/2015

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