Le portrait du mois : Marie-Claude Galli, Présidente de l’Accueil des Français d’Anvers

A l’occasion du centenaire de Thea LAGAE, membre de l’accueil des Français d’Anvers, nous avons interviewé la présidente de cette association, Marie-Claude GALLI. Dans la demeure de la famille LAGAE, nous sommes revenus dans la bonne humeur sur son parcours associatif et ses expériences au sein d’une association qui ne cesse de nous impressionner par son dynamisme et par la cohésion qu’elle génère entre ses membres.

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Marie-Claude Galli, bonjour. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis la présidente de l’Accueil des Français d’Anvers et cela fait une trentaine d’années que je suis installée dans cette ville. Mon mari étant allemand, j’ai habité quelques années en Allemagne où j’ai travaillé au sein du département français d’un groupe industriel. A mon arrivée en Belgique, suite à la mutation de mon mari, mes enfants fréquentaient l’école allemande qui ne se tient que le matin. J’ai donc choisi de rester à mon domicile pour les élever.

Qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre l’Accueil des Français d’Anvers ?

J’ai rencontré l’ancienne présidente, Thérèse Wiertz, peu de temps après mon arrivée. Elle m’a vu avec mes deux bébés et a insisté pour que je ne reste pas seule (rires). J’ai donc rejoint l’accueil en tant qu’adhérente, puis plusieurs années après, j’ai intégré son comité d’administration.

Au départ, j’ai essayé de ne pas être présidente de cette structure, car étant amenée à rester dans la ville d’Anvers, je ne voulais pas non plus devenir présidente à vie... mais j’ai tout de même l’impression que c’est ce qui est train de se passer (rires) ! Enfin, des jeunes sont en train d’adhérer et je pense bientôt passer le relais.

Comment décririez-vous votre engagement au sein de l’Accueil des Français d’Anvers en tant que présidente ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Nous sommes une association de loisirs et nous ne devons pas être considérés comme une entreprise. Nous sommes donc avant tout une bande d’amis qui se retrouvent régulièrement et dont j’assure la coordination. Je me vois donc plutôt « amener » les autres plutôt que les mener !

L’Accueil est un organisme qui est affilié à la FIAFE à Paris, Fédération internationale des accueils dans le monde. Nous sommes donc adhérents à la FIAFE et participons annuellement à l’Assemblée générale où nous retrouvons les présidents d’autres accueils (Helsinki, New York, Stockholm)… les Accueils sont donc un réseau d’entraide dans le monde entier ! Par exemple, ma fille, qui court un triathlon à Stockholm, a pris contact avec l’Accueil de Stockholm pour qu’elle puisse lui prêter un vélo !

A chacune de nos réunions, nous échangeons aussi des bonnes expériences et nous pouvons poser des questions au bureau de la FIAFE pour de l’aide administrative et pratique. Sur Paris, il existe un accueil pour l’aide au retour qui concerne les Français qui reviennent d’expatriation.

Nous sommes aujourd’hui dans la maison de Thea... Comment l’avez-vous rencontrée ?

Théa est arrivée à l’accueil il y a une vingtaine d’années… à 80 ans ! Elle a toujours été très dynamique : quand les plus jeunes ne venaient pas faire des balades, elle y participait, venait aux visites de musées et elle a reçu chez elle beaucoup de personnes en y organisant une activité au cours de laquelle elle nous préparait le thé pour tous ! A 80 ans ! (rires)

Votre association regroupe des Français, mais aussi des francophiles...?

Nous avons beaucoup de francophiles au sein de notre association. Puisque nous n’avons plus de Consulat, nous avons rencontré quelques difficultés à atteindre les Français à Anvers. Toutefois, il y a un certain regain de la présence française dans la région. Nous accueillons donc tous ceux qui aiment parler français au même titre que les ressortissants français.

A Anvers maintenant, le multilinguisme se fait plus rare, donc pour toutes les personnes qui aiment parler français, le contexte est un peu compliqué puisqu’ils doivent d’abord faire l’effort de se présenter en flamand avant – le flamand n’étant pas une langue très facile pour les Français...

En nous rejoignant, les francophones peuvent aller voir une exposition, un spectacle et rencontrer un ensemble de personnes qui parlent français. Nous avons aussi des néerlandophones qui aiment venir chez nous (souvent les maris de certaines de nos membres) pour parler français. Nous sommes ainsi une des seules associations qui mélange les Wallons et les Flamands ! (rires)

Vous avez indiqué avoir du mal à atteindre les Français à Anvers...?

Il y a déjà beaucoup de Français à Anvers mais nous n’arrivions pas à les atteindre. J’ai tenu le site internet de l’association pendant un certain temps, mais il avait besoin de se moderniser et de se dynamiser. Il n’était plus trop attrayant pour les jeunes. J’ai eu la chance de rencontrer Pierre (Pierre Fruitier-Roth, Community manager de l’association) qui a bien voulu s’investir pour l’accueil il nous a refait notre site internet, nous a créé une page Facebook, un compte Twitter… De fil en aiguille, l’Accueil est devenu beaucoup plus dynamique, beaucoup plus jeune ! Il y a maintenant des Français qui nous rejoignent par le biais d’internet, notamment des jeunes… je viens d’ailleurs de recevoir une inscription de quelqu’un né en 1991 ! (rires)

Vous dites être une association de loisirs, et donc quelles sont les activités que vous organisez ?

Nous organisons des visites de musées, du cinéma – en deux parties puisque nous allons après la séance au café ou au restaurant pour discuter du film. On organise également un pintjepakken, ce qui veut en dire en flamand « on va prendre une petite bière » - une manière de rencontrer quelqu’un autour d’un verre. J’ai trouvé intéressant de donner ce nom à cette activité et ainsi, selon les mœurs en vigueur, nous allions au début au café boire une bière. Mais les Français étant plutôt portés sur la nourriture, nous avons fini par organiser des soirées « plakken » au restaurant pour dîner (rires) !

Nous organisons également des rendez-vous bridge et des cours de bridge, des cours d’informatique – des aides plutôt pour se servir des smartphones et tablettes. Nous avons aussi des réunions lectures – nous nous retrouvons tous les mois à échanger et discuter de livres. Nous nous retrouvons enfin lors d’activités ponctuelles, comme le 15 juillet où nous allons faire une grande fête sur le toit du Musée des Beaux-Arts à Anvers. Vous êtes tous conviés !

Nous n’avons pas de local et donc nous nous retrouvons beaucoup chez les adhérents, notamment dans le cadre de dîners partagés : chacun apporte une spécialité afin de partager le repas avec les membres présents. On se retrouve aussi dans un café ou au lycée français, dans une salle prêtée par la directrice.

Combien compte de membres l’Accueil des Français d’Anvers ?

Nous sommes une centaine de membres actifs dans l’accueil. Mais vu notre augmentation actuelle, j’espère passer à 200 l’année prochaine ! (rires)

Pouvez-vous nous décrire vos rapports avec l’Ambassade et le Consulat de France ?

Avec le Consulat, nous avons de très bons rapports. Marc Egret, le consul général adjoint, nous fait le plaisir de venir nous voir régulièrement : nous avons avec lui des rapports très conviviaux. Nous avons aussi des contacts avec l’Ambassade, et Pierre a réalisé, à la résidence de France, en partenariat avec le Consulat, une présentation de notre activité numérique à l’occasion du 2ème forum des associations françaises de Belgique. Nous sommes une équipe, et j’essaie de répartir le travail au mieux pour que chacun soit pleinement indépendant : c’est donc principalement Pierre qui est en contact avec les autorités françaises.

Le mot de la fin, quels conseils pouvez-vous donner aux Français qui viennent s’installer à Anvers ?

… Qu’ils viennent s’inscrire à l’Accueil (rires) !! L’Accueil va les aider à prendre leurs marques dans la ville. Une jeune femme qui vient d’arriver avec un bébé a pu trouver un pédiatre qui parle français grâce à nous !

Propos recueillis dans la maison de Théa LAGAE à Anvers.

publié le 11/08/2016

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