Le portrait du mois : Un artiste français en Belgique

Peintre français à la carrière internationale, Monsieur Guillaume Bottazzi a vécu de très nombreuses années à l’étranger, aussi bien en Amérique qu’en Asie. C’est aujourd’hui en Belgique qu’il a choisi de poser ses valises et ses pinceaux. C’est avec une grande hospitalité qu’il nous a reçus dans son atelier de la région bruxelloise et a accepté de répondre à nos questions.

Retrouvez la vidéo de cet entretien sur notre compte Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=AgFg0W7Alpk

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- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Guillaume Bottazzi, je suis Français et je suis un artiste visuel. Je suis installé à Bruxelles depuis 3 ans, mais je conserve également des ateliers en France. J’ai commencé à exercer mon activité très tôt ici en Belgique, il y a plus de 20 ans. Je faisais alors des allers retours depuis la France et je ne venais que pour de très courtes, mais fréquentes, périodes.

- Après tout vos déplacements, qu’est ce qui vous a amené à vous installer en Belgique ?

Ce sont des questions de cœur qui m’ont amené ici. J’aime la Belgique, c’est un beau pays et j’aime les gens que j’ai rencontrés ici. C’est facile de vivre dans ce pays, il y fait bon vivre, et il dispose d’une végétation qui devrait intéresser nombre d’artistes. Elle est ici luxuriante avec de très grands arbres. Dans les villes, on trouve une architecture qui reste pour moi encore exotique. Par rapport à la France, il y a des différences culturelles et esthétiques qui sont assez marquées. Et puis j’ai trouvé une grande gentillesse chez les Belges.
J’ai des raisons de cœur mais aussi des raisons pratiques, plus pragmatiques qui m’ont amené en Belgique. Je développe mon activité en Europe, après avoir passé du temps aux Etats-Unis et au Japon. J’ai pensé que la Belgique était un lieu stratégiquement intéressant, d’abord parce que le coût des habitations est assez modeste. Mais car le coût de la vie est modeste aussi, en comparaison aux grandes métropoles.

Il est facile et pratique de circuler depuis la Belgique, ce qui me permet de voyager beaucoup. Tout est facilitant pour moi ici, pour développer mon activité en Europe et je crois que c’est justement cette accessibilité qui est importante, non seulement pour les artistes mais aussi pour des entreprises qui cherchent à développer leur activité en Europe. Malgré cela, ce choix de la Belgique demeure assez atypique pour des artistes français.

- Pouvez vous nous décrire vos rapports avec le Consulat et l’Ambassade de France ? Vous avez par le passé, travaillé en partenariat avec l’Ambassade de France au Japon ?

Qu’il y ait un apport d’un ensemble de compétences et de savoir-faire différents reste toujours bénéfique quand on porte un projet. J’ai été soutenu par l’Ambassade de France au Japon pendant la réalisation d’une œuvre monumentale au musée d’art Miyanomori, la plus grande du Japon. Cette peinture a permis de soutenir les victimes du tremblement de terre et du tsunami et cela permettait aussi de lier la communauté française et japonaise sous le Label « Vivre ensemble pour demain ». .

- Quelles sont aujourd’hui vos attaches avec la France ?

J’exerce aussi mon activité en France, j’ai fait six tableaux de 6 mètres par 6 exposés à la Défense à Paris, au pied de la Tour D2. Je ne suis pas nostalgique de la France car j’y circule aussi beaucoup, j’ai d’ailleurs des ateliers aussi en France.

- Observez-vous des différences de pratique dans votre profession entre la Belgique et la France ?

Chaque artiste est très différent et aucun atelier ne se ressemble. Un atelier peut-être désordonné, l’autre rangé, cela dépend de la manière de travailler et de la personnalité de l’artiste. En Belgique, il y a de la place pour travailler, de l’espace, et c’est essentiel.

- Est-ce la scène artistique belge qui vous a amené en Belgique ? Est-il difficile d’être un artiste français en Belgique ?

Ce n’est pas la scène artistique belge qui m’a amené ici mais un contexte un petit peu particulier. Les fonds publics ne soutiennent pas suffisamment les expositions ici en Belgique. Ce qui est très étonnant quand on sait que c’est le pays où il y a le plus grand nombre de collectionneurs au m². Le marché de l’Art est plus raisonnable, mais il y a une vraie culture pour de l’art, une acuité dans l’art qui est propre à la Belgique.

Chaque territoire a ses particularités. Il y a ici beaucoup de beaux espaces à investir et c’est important pour nous les visuels (Note de la rédaction : Guillaume Bottazzi est coutumier de la peinture sur de grands pans de murs).

Je m’entends bien avec beaucoup de Belges, et j’ai des amis tant flamands que wallons. J’aime les différences, les complémentarités. Bien que nous soyons des pays très proches, il existe des différences culturelles assez marquées entre la Belgique et la France et des habitudes quotidiennes diverses, qui sont tout à fait intéressantes à observer pour un Français.

- Envisagez-vous de prolonger votre séjour en Belgique ? Une nouvelle expatriation ou un retour en France serait-il une option ?

Non je suis bien ici et je n’ai pas trop l’intention de changer d’avis (rires).

Plus d’informations sur le site internet de Guillaume Bottazzi
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publié le 08/05/2015

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