Portrait du mois : Victor, étudiant français en Belgique

JPEGPOUVEZ-VOUS-VOUS PRÉSENTER EN QUELQUES MOTS ?

Je m’appelle Victor, j’ai 24 ans et je suis originaire de Strasbourg. Je suis venu ici pour étudier les sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et là je suis en train d’obtenir mon diplôme de master complémentaire en journalisme à Louvain-la-Neuve.

-  QU’EST-CE QUI VOUS A AMENÉ A ÉTUDIER EN BELGIQUE ?

Il y a plusieurs choses. J’ai tenté de faire des concours en France et ça ne s’est pas forcément bien passé. Pour éviter de perdre du temps dans des prépas, je me suis un peu renseigné et j’ai trouvé qu’en Belgique il y avait la possibilité d’entrer tout de suite dans la formation souhaitée avec le baccalauréat. Auparavant, il fallait obtenir une équivalence.

Et au niveau des débouchés ?

Pour le journalisme, c’est particulier en Belgique car le marché est dans ce domaine, très compétitif et très concurrentiel. Ce n’est pas facile d’y entrer mais une fois qu’on y est, c’est un monde tout à fait passionnant et intéressant c’est un petit peu plus compliqué. Il y a par exemple la presse flamande, or comme moi je ne parle pas néerlandais, cela représente forcément un blocage

-  COMMENT S’EST DÉROULÉE VOTRE INSTALLATION EN BELGIQUE ?

En ce qui concerne les formalités administratives, il faut savoir que je suis arrivé ici avec mes parents, donc personnellement je n’en ai pas trop souffert. Les démarches que j’ai eu à faire n’ont jamais été trop lourdes. Il suffit de se rendre auprès de l’administration et de prendre son mal en patience.

A propos du logement, existe-il des difficultés particulières ?

Le logement à Bruxelles, ce n’est pas toujours très évident. Pour les jeunes étudiants, la Belgique propose ce que l’on appelle des « kots » qui sont des appartements que l’on partage avec d’autres étudiants. Il existe une offre, néanmoins il faut faire attention car on nous propose un peu tout et n’importe quoi. Je peux vous en témoigner du fait de mes nombreuses visites, il ne faut pas accepter le premier logement venu. Je suis quelques fois tombé sur des appartements pour lesquels on demandait des prix injustifiés. Il est important de s’y prendre bien à l’avance et de faire attention à la localisation. Les prix sont gonflés à proximité des universités.

Comment s’est passée votre inscription à la commune ?

C’est une démarche qu’il faut faire vite, qui peut prendre du temps, mais je n’ai pas eu de difficultés particulières

Et à propos des mutuelles ?

Cela dépend des mutuelles mais chez certaines il est possible de rester sur celle de ses parents jusqu’à l’âge de 25 ans, s’ils résident en Belgique. J’ai entendu dire que l’on pouvait prendre une assurance santé en France en tant qu’étudiant Erasmus et qu’une fois en Belgique, on réduisait ainsi le nombre de démarches à faire sur place.

Est-il possible d’obtenir facilement un job étudiant ?

Oui, il n’existe pas de problèmes particuliers. J’ai essayé de trouver un petit job mais le manque d’expérience a été un frein. Dans l’ensemble, il y a beaucoup d’offres à Bruxelles et dans sa région. Pour ma part, j’ai eu des jobs étudiants rémunérés par l’université comme des travaux de recherche, la réalisation de sondages à la sortie des urnes, etc. Il faut savoir que l’Université Libre de Bruxelles (ULB) propose sur son site internet un certain nombre d’offres pour des jobs étudiants.

Avez-vous bénéficié d’une bourse pour vos études ?

Non je n’en ai pas bénéficié. Mais je sais qu’il existe plusieurs types de bourses d’études qu’il est possible de demander en tant que Français. Je pense à la bourse Erasmus si vous partez étudier pendant un certain temps à l’étranger. Cette bourse peut venir en complément d’une bourse CROUS, définie sur critères sociaux. Il existe également des bourses à la mobilité internationale pour les étudiants, qui sont délivrées par certaines régions françaises.

COMMENT S’EST PASSE VOTRE PRISE DE CONTACT AVEC LE CONSULAT DE FRANCE ?

Je ne me suis pas tout de suite inscrit au Consulat de France. Je l’ai fait au moment des élections présidentielles Françaises de 2012 pour avoir la possibilité de voter depuis la Belgique. Il fallait s’inscrire avant le 31 décembre de l’année précédente. Je me suis rendu au Consulat à cette occasion et en ai profité pour faire renouveler ma carte d’identité, régulariser ma situation vis-à-vis de la Journée d’Appel à la Préparation à la Défense (note du Consulat : elle est aujourd’hui appelée Journée Défense Citoyenneté). La démarche d’inscription au Consulat a été relativement simple et j’ai obtenu ma carte consulaire que je garde toujours sur moi. Néanmoins, à l’arrivée en Belgique, je n’ai pas su immédiatement qu’il était nécessaire de s’inscrire auprès du Consulat de France.

- QUELLES SONT AUJOURD’HUI VOS ATTACHES AVEC LA FRANCE ?

Suivez-vous les actualités et la vie publique française ?

Oui, cela me paraît évident. Ce qui est passionnant quand on est à l’étranger est de pouvoir d’une part s’intéresser au pays où l’on vit, en lisant notamment la presse belge, mais aussi de garder un œil attentif sur la France en suivant les médias nationaux.

Et l’actualité belge ?

Je pense que c’est tout de même naturel quand on s’installe quelque part de connaître les bases du système politique du pays qui nous accueille comme le nom du Premier ministre en place, et de connaître un minimum la situation politique. En Belgique ce n’est pas toujours facile (rires) ! Mais ça me parait essentiel.

Est-ce que vous retournez régulièrement en France ?

Oui je retourne voir ma famille installée en Alsace le plus souvent possible.
Je fais partie de cette génération qui a grandi avec Schengen et n’a jamais véritablement senti le poids des contrôles aux frontières.

-COMMENT CONSIDÉREZ-VOUS VOTRE CONDITION D’ÉTUDIANTS FRANÇAIS EXPATRIES EN BELGIQUE ?

Ma relation avec les Belges est très bonne. On ressent une très bonne ambiance en Belgique et quand on est un jeune étudiant il existe de nombreuses choses à faire. Nous sommes très bien accueillis en tant que Français.
Je n’ai jamais été dans une communauté de Français, je suis avec des gens que j’apprécie et ce ne sont pas leurs origines qui m’intéressent. Evidemment il y a quelques communautés de Français qui se forment, on se retrouve sur certains traits culturels.

- QU’ENVISAGEZ-VOUS APRÈS VOS ÉTUDES ? UN RETOUR EN FRANCE OU UNE INSTALLATION PERMANENTE EN BELGIQUE ?

Pour le moment, j’aimerais commencer à faire mes premiers pas dans le monde professionnel ici. Bien évidemment les équivalences de diplôme existent mais postuler avec un diplôme belge paraît plus naturel en Belgique qu’en France. Ca me semble être une question de cohérence et de proximité.
Néanmoins ça ne me dérange pas du tout d’aller postuler pour un employeur français. Bruxelles reste aussi un cas particulier car il y a les institutions européennes, un grand nombre d’institutions internationales ; pour les étudiants qui viennent de Sciences Politiques, de la communication et même du marketing, C’est un endroit intéressant pour chercher du travail bien qu’ici, la concurrence soit très forte.

Un dernier message pour les Français de Belgique ?

Je dirais… « Quand on arrive en Belgique on y reste ! » (rires).

publié le 02/06/2015

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