Qui était le Lieutenant Albert Rouvier ?

Le 21 août 2015, au cimetière communal de Nivelles, a eu lieu une cérémonie d’hommage au Lieutenant Rouvier.

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Le Lieutenant Albert Rouvier appartenait au 8ème régiment des Hussards, il menait une mission de reconnaissance avec six de ses hommes lorsqu’il fut mortellement blessé par des tirs de soldats allemands à hauteur de la maison Ceulemans, à Nivelles, sur la chaussée de Charleroi. Il a été inhumé au cimetière de Nivelles.



Histoire - Discours du Lieutenant-colonel Claude Michel, délégué général du Souvenir français en Belgique

Le 21 août 1914, à 6 heures du matin, le Lieutenant ROUVIER et six autres cavaliers quittent le bivouac pour une mission de reconnaissance sur Nivelles. L’aviation est quasiment inexistante : les reconnaissances s’opèrent par la cavalerie légère. Ils aperçoivent sur la chaussée de Namur et sur la route de Genappe, les éléments du VIIème Corps de la 2ème Armée allemande. Cette grosse colonne de toutes armes se porte de Nivelles sur Manage. Les renseignements du Lieutenant ROUVIER sont capitaux pour la 5ème Armée française puisqu’ils annoncent un mouvement important des deux armées allemandes.

Albert ROUVIER fait disperser ses hommes et leur donne l’ordre de rejoindre Pont-à-Celles et de ne pas s’écarter de leur mission quoiqu’il arrive. Sur la route menant à Gosselies, Les cavaliers sont pris sous le feu de cyclistes allemands. Le cavalier DESDOIT est blessé et trouve refuge à la ferme.

A 10h30, le maréchal des logis CHEVIN atteint le bivouac de Pont-à-Celles et parvient à rapporter les renseignements sur les forces ennemies en présence.

Une femme assiste à la rencontre avec les Allemands, elle écrit la scène à la veuve du Lieutenant ROUVIER :
« Le 21 août 1914, vers 9 heures moins le quart, je me trouvais près de la maison dite « CEULEMANS », là où la route traverse la chaussée de Charleroi. Je m’informai auprès des gens qui se trouvaient à la fenêtre de cette maison si les Français – que mon frère avait vus le matin – étaient partis. J’appris qu’ils venaient de se diriger vers le chemin de fer, donc entre la chaussée de Namur, par où les boches arrivaient et celle de Charleroi. Me disant qu’il était sans doute imprudent de m’aventurer seule plus avant, je redescendis la chaussée de Charleroi pour rentrer chez moi. Je partis même à la course, prise de peur. Environ 200 mètres plus bas (là où il y a trois maisons rouges à droite, en montant la chaussée de Charleroi), je vis arriver bride abattue, à travers champs, les sept cavaliers français. Comme j’entendais des coups de feu, je découvris à l’horizon de la route en regardant vers Nivelles, quarante boches environ, agenouillés par terre sur la route, et à côté, là où est la chapelle de Notre-Dame du Mont Carmel, j’entendis siffler les balles, je me blottis contre un arbre de la route, le dernier avant d’arriver aux maisons rouges. Ces boches tiraient et leur chef hurlait comme un possédé. Les Français arrivaient, et j’en vis un qui s’abattit dans la campagne. Il regagnait la chaussée précisément vis-à-vis de l’endroit où je me trouvais, je remarquai qu’il y en avait un qui les commandait et les entraînait avec enthousiasme. C’était votre mari, Madame. Le cheval de celui-ci qui venait d’être blessé, suivait les autres avec peine, ses brides dans les pattes. A leur passage, je criai « Vive les Français » et intérieurement, je priai le Bon Dieu de les garder.

Arrivés une fois sur la route, ils galopèrent plus vite encore vers Charleroi mais les boches tiraient plus encore. C’est au moment où ils passaient devant la maison Ceulemans que votre mari fut atteint mais, blottie derrière l’arbre, je n’ai pas vu sa chute. Les boches passaient maintenant en bicyclette

Lorsque le feu eut cessé, je redescendis la route vers la maison. Le chef allemand qui devait avoir commandé le feu m’arrêta au passage pour me demander s’il y avait beaucoup de Français vers Charleroi. Je lui ai dit que je ne savais rien. Ils n’osaient s’aventurer plus loin supposant que tout un régiment était à peu de distance… »
Le Lieutenant était blessé au genou et avait la figure contusionnée. Son corps sera descendu à l’Hôtel de Ville.

Une croix en pierre bleue rappelle la mort du Lieutenant Rouvier et du colonel Mouly à la chaussée de Charleroi qui a été inaugurée le 18 juin 1933.

publié le 18/09/2015

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