Une présence historique

La communauté française de Belgique atteint aujourd’hui une taille sans précédent, mais elle est depuis longtemps une des communautés françaises les plus importantes en Europe.

Les relations frontalières, l’importance des échanges commerciaux, l’accueil que les Français ont toujours trouvé en Belgique, l’importance des capitaux français investis dans les entreprises commerciales et industrielles belges, expliquent, avec la communauté de langue et l’amitié qui a toujours uni les deux pays, le nombre élevé de Français résidant en Belgique.

En 1939 déjà, on estimait à 25.000 le nombre de Français résidant dans la circonscription consulaire de Bruxelles. On parlait alors de "colonie française en Belgique" !... Une enquête de 1938 avait donné les résultats suivants : employés et ouvriers, environ 8000 ; commerçants, 760, auxquels il fallait ajouter environ 75 négociants et courtiers en vins et spiritueux ; représentants de commerce et d’industrie, 118 ; ingénieurs et industriels, 105 ; banquiers et agents de change, 35 ; professeurs, 23. Nombre de religieux français étaient également présents dans les Établissements d’enseignement de la circonscription.
En 1950, la colonie française en Belgique atteignait 80.000 personnes ; quatre ans après la Libération, il semble que la communauté française de Bruxelles avait presque retrouvé son chiffre d’avant-guerre (25.000). Mais les Français étaient également présents dans les provinces :

- 12.000 Français vivaient dans la circonscription de Liège, tirant surtout leurs moyens de subsistance de l’activité industrielle (métallurgie et textile en particulier).

- La colonie française rattachée à la circonscription consulaire de Mons (qui incluait les 5.500 Français de Tournai) était de 15.000 personnes (agriculteurs, ouvriers, etc.)

- On comptait dans les Flandres occidentale et orientale environ 10.000 Français, spécialisés surtout dans l’industrie textile et dans le commerce.

- A cela s’ajoutait la "colonie française" de la Province d’Anvers qui comptait à cette époque 2.500 personnes (c’était une "colonie de cadres : ingénieurs, industriels, commerçants").

- La circonscription consulaire de Charleroi comptait environ 22.000 Français, appartenant à toutes les professions (agriculture, mines et industrie, commerce et banque, professions libérales), pour la plupart originaires de la région française limitrophe de la frontière. 8.000 ouvriers et employés et 3.000 religieux étaient notamment inscrits à Charleroi.

- A Bruxelles, en plus du lycée français (fondé en 1907 par la Chambre de commerce française) et de l’Alliance française de Belgique (fondée en 1950), il y avait un "hôpital français" et un "Cercle français" (qui comptait 3.000 membres).

En 1955, il y avait quatre Consuls généraux, à Bruxelles (René Mondon, né en 1894, dont les bureaux étaient 9 rue des quatre bras), Anvers, Gand et Liège ; deux consuls, à Mons et Charleroi ; un vice-consul à Tournai, et des agents consulaires, à Courtrai, Bruges, Ostendec (qui comptait 5.000 Français avant guerre), Namur, Verviers et Arlon.

Sources :
Annuaire des Français de l’étranger de 1950 (publié par l’Union des Français de l’Étranger)
Annuaire diplomatique et consulaire de 1955.

publié le 08/05/2015

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